After Liverpool

AFTER LIVERPOOL

de James Saunders

Mise en scène : Isabelle Kérisit

Avec : Valérie Da Mota, Nicholas Mead, Laurent Suire et Sarah Vermande

Co-production Va Sano Productions et Kermyl&Co

After Liverpool ? Ni football, ni Beatles, ni crise des dockers. Simplement un couple, aujourd’hui. Et toujours cette fameuse pomme : pomme d’amour, pomme de discorde… Ou pomme pourrie ? Les rapports humains ne se sont pas simplifiés depuis Adam et Eve, et c’est avec une élégance et un humour tout britanniques que James Saunders s’amuse à les décortiquer. De la simple question « Tu veux une pomme ?» aux tentatives désespérées pour « communiquer », tout n’est que grains de sable dans les rouages de l’amour.

« L’ordre dans lequel les séquences sont jouées n’est pas établi. Pour employer une analogie musicale, le texte offre certains thèmes, sur lesquels toutes les variations sont possibles. » : une formidable invitation au jeu à laquelle répond avec délectation notre quartette de comédiens. Chacun se reconnaîtra fatalement à un moment ou un autre de cette partition parfois déjantée.

Extraits de presse :

« Pas de temps mort ni de longueur dans la mise en scène enlevée et remarquablement chorégraphiée d’Isabelle Kérisit. L’ensemble compose un spectacle drôle et plaisant, qui a l’élégance de rire de ce dont peut-être il faudrait pleurer. Servi par des comédiens talentueux et pétulants, ce texte de Saunders est une petite merveille de finesse et d’humour. »

Catherine Robert, Journal du Théâtre de Théâtre On Line

« Des acteurs remarquables alliant l’intelligence et le cœur, dans une mise en scène élégante et rythmée »

Catherine Galloway, Radio France Internationale

À propos de l’auteur

Né en 1925, James Saunders se découvre auteur dramatique dans les années cinquante. Il fait partie de cette génération que la représentation, à Londres, de La Cantatrice chauve et de En attendant Godot, électrise et libère des contraintes formelles de la dramaturgie traditionnelle. Il est primé en 1962 pour La prochaine fois je vous le chanterai, qui l’établit comme l’un des principaux hérauts du Théâtre de l’Absurde en Angleterre, mais ce n’est qu’en 1964 qu’il décide de se consacrer à plein temps à l’écriture.

« Ma nature est celle d’un introverti, d’un étranger qui se tient aux confins de la société conventionnelle, qui observe, critique, et peut-être envie un peu. C’est pour cette raison que j’ai décidé un peu tard dans ma vie de devenir dramaturge. C’est surtout pour cette raison aussi que je souhaite avoir du succès. Car le succès est la seule façon pour un introverti comme moi, d’établir un lien avec le monde extérieur. »

Il écrit pour le théâtre, mais aussi pour la radio, la télévision et le cinéma. Si certaines de ses pièces, comme Bodies (1976), connaissent un grand succès dans le West End et le théâtre dit commercial, il reste fidèle à un travail plus expérimental avec le « Fringe theatre » (littéralement « théâtre de la marge ») : des salles souvent plus petites, hors du centre de Londres, terrain privilégié du théâtre d’avant-garde.

« Je tends à décrire les gens de la « classe moyenne », c’est-à-dire les gens qui ont la chance, ou si l’on veut le malheur, de pouvoir s’intéresser aux dilemmes théoriques, plutôt que pratiques, du quotidien ».

Mais pour Saunders, il ne s’agit pas pour autant d’élaborer un théâtre cérébral. Son approche du métier d’auteur est toujours empreinte d’une grande modestie, et d’un pragmatisme tout britannique. Les spectateurs qui payent leur place et lui permettent de gagner sa vie viennent voir ses pièces après une journée de travail : il ne s’agit ni de les déprimer, ni de les endormir, mais de stimuler leur curiosité.

« C’est au public de se poser des questions. Car au théâtre, après leur journée de travail, les spectateurs n’ont que ça à faire : se divertir et s’interroger ».

De fait, même aux prises avec l’absurdité de la condition humaine, le théâtre de Saunders est toujours éminemment distrayant, et n’oublie jamais sa vocation de spectacle.

James Saunders est mort le 29 janvier 2004.

À propos de la pièce

AFTER LIVERPOOL a été créée en Angleterre en 1971, au théâtre, à la radio et à la télévision. De nombreuses adaptations suivent à l’étranger, notamment pour la télévision allemande en 1973, sous la direction du cinéaste Michael Haneke.

Ce texte, qui, selon J. Saunders, « n’est pas une pièce de théâtre, mais une suite de séquences, pour un ou plusieurs comédiens et une ou plusieurs comédiennes », met en scène deux personnages anonymes, un homme et une femme. Ces couples, qu’ils soient récents ou plus anciens, sont tous confrontés à la difficulté de communiquer. Ils essayent de tromper leur ennui et de combler leur vide existentiel en se lançant dans des joutes verbales. Plus que tout, ils ont peur du silence, de ce silence d’où risquerait d’émerger la vérité : celle du couple – rien à se dire ou trop à se dire ? – et celle de l’individu – on a beau faire semblant d’être deux, on est toujours tout seul.

De la question la plus banale : « Est-ce que tu veux une pomme ? » à la plus cruciale : « Est-ce que tu m’aimes ? », c’est toujours le même besoin de s’accrocher à l’autre qui s’exprime. Mais les mots s’avèrent vite insuffisants – « Nous élevons des remparts de questions auxquelles nous ne répondons jamais » – quand ils ne deviennent pas les instruments d’une cruauté latente. La violence réside « dans l’hypothèse que votre logique peut être communiquée. Et quand vous vous rendez compte qu’elle ne peut pas être communiquée, l’unique solution de rechange est de prendre le bâton ».

Ici, les protagonistes tentent jusqu’au bout d’éviter le recours à la violence physique, qui reste contenue sous le vernis de leurs bonnes manières. Ils disposent d’un certain patrimoine financier et culturel : loin des contingences matérielles du quotidien, ils peuvent donc s’offrir le luxe de disséquer leurs états d’âme – et de s’y embourber.

Mais tout cela n’est-il pas finalement un moyen de se divertir ? Quelle est la part du jeu, aussi pervers et dangereux soit-il, dans leurs échanges ?

Conditions techniques

Il existe deux versions du spectacle «After Liverpool ».

- Version « intimiste » : dispositif tri-frontal, pour un plateau aux dimensions réduites (ouverture de 2 mètres, profondeur de 3 mètres). Éclairage scénique direct et continu. Régie son intégrée à la mise en scène (poste baladeur).

- Version frontale : pour un grand plateau (dimensions minimales : ouverture de 4 mètres, profondeur de 3 mètres). Un technicien pour la régie son et lumières est à prévoir.

Décor : quelques tabourets et quelques pommes.
Durée du spectacle : 1 h 15